La Palme Du Charme...

Publié le 13 Octobre 2009

Robert Palmer est un mec bien. Du style à qui on confierait les clés de sa voiture sans s’inquiéter. Du genre que les mères aimeraient avoir pour gendre. Elégant, stylé, belle gueule, dents blanches, voix merveilleuse... et riche en plus!

Non, vraiment, Robert Palmer, vétéran de 20 ans de l’arène rock, a tout du mec très bien. Sans défaut, sinon de fumer comme une cheminée, habitude qu’il a prise très jeune pour se "vieillir" la voix avant ses spectacles.

Fils d’espion, il s’est découvert une passion pour la musique après avoir entendu sa voix dans le magnétophone hi-fi de son père ("ce que j’ai entendu ce jour là ne m’a pas découragé" dit-il) et une autre pour le vêtement à force de voir les uniformes militaires défiler sous ses yeux, sur l’île de Malte, où il a passé la majeure partie de son enfance, sur une base militaire ("je n’ai pas vu une télévision ou un film avant l’âge de 12 ans").

Ses débuts musicaux, il les passe à "ouvrir" pour des vedettes des années 60, comme Jimi Hendrix et les Who. Déjà, Robert sait ce qu’il veut... et ce qu’il ne veut pas: "Je ne pouvais en croire mes yeux lorsque je voyais le comportement de ces gens. Dégoûtant. Odieux. Tout casser dans les suites d’hôtel et tout le reste, je ne pouvais comprendre et excuser une telle conduite".

Sur son premier album, Sneakin’ Sally Through The Alley, paru en 1973, il annonce ses couleurs: un look séducteur qui rappelle rétrospectivement Andy Gibb et une musique aventurière... qui ne rappelle personne d’autre (surtout pas Andy Gibb!).

"Sa longue carrière fut suffisamment couronnée de succès pour lui permettre de vivre dans le confort des Bahamas pour la dernière décade, tout en restant relativement modeste pour éviter d’affronter les pires excès de la célébrité. Respecté par ses pairs, louangé par les critiques, Robert Palmer est un homme chanceux", écrivait un journaliste du Rock Express en 1985.

 

C’était avant l’ouragan Riptide. En 1985-1986, le son de l’heure, ce fut le son Palmer. 1985, deux faux-frères Taylor s’ennuyant dans la vie dorée de Duran Duran, archi-célèbres et archi-riches, se réunissent le temps d’un week-end avec le vétéran chanteur britannique et le terrifiant batteur Tony Thompson pour créer un son torride et lourd, amalgame des coups de massue de la batterie, de la guitare tonitruante d’Andy et de la voix sensuelle, électrifiante de Palmer. Power Station, la bien-nommée était née et assommait les danseurs des discothèques du monde entier (Some Like It Hot, Get It On (Bang A Gong)). Les Taylor, avides de beaux dollars, décident d’exploiter le filon jusqu’au bout et veulent partir en tournée. Mais Palmer leur refuse les faveurs de sa voix cette fois-ci: il a rendez-vous avec les studios d’enregistrement!

1986, Riptide, le 9ème album de Robert Palmer voit le jour et enfonce le clou (...). Réponse de Palmer, en 1986, au plus fort du succès de Riptide: "J’ai déjà eu des hits avant, Bad Case Of Loving You par exemple (1979), et j’ai immédiatement pensé faire après un album moins commercial et plus personnel, par réaction. Résultat: j’ai fait Clues qui fut un flop total en Amérique. Maintenant, j’ai envie de faire un album de croisement entre le Heavy Metal et la Bossa Nova.

Promesse tenue, son nouvel album Heavy Nova (Heavy pour Heavy Metal et Nova pour Bossa Nova) joue l’improbable parti de faire le pont entre la rythmique gaie et entraînante du Brésil et les terrifiants éclairs de violence du Heavy Metal. Un disque corsé, physique, intense, où Palmer, comme il l’avait déjà fait sur Riptide, transcende le mélange des styles grâce à sa voix unique et sensuelle. Tout en se permettant des escapades rétro-mélo qui ouvraient déjà l’album Riptide (et qui avaient fait dire à ses proches collaborateurs qu’il courait au suicide commercial... Il vendit 3 millions de copies de Riptide!) Et avaient révélé le crooner en lui.

Les amateurs de guitare se régaleront des accords durs et tordus d’Eddie Martinez, les amateurs de danse sueront toutes les larmes de leurs corps à essayer de suivre le rythme emporté de la batterie de Dony Wynn (quand même moins lourd que le terrifiant Thompson qui martelait sur Riptide et Power Station) et les amateurs de palmer pourront reprendre leur admiration auditive pour ce passionnant musicien. Ce fils d’espion, plutôt que de se mettre à l’écoute des pays ennemis, a choisi de se mettre à l’écoute des émotions et des invitations amoureuses. Simply Irresistible...

DF (1986)
  

Rédigé par olivier

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